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Le commerce parisien résiste et se réinvente

Le commerce parisien résiste et se réinvente

Malgré une fin d’année chahutée, Paris devrait continuer à profiter de l’essor du tourisme international avec des fortes retombées pour le commerce de luxe. Toutes les enseignes multiplient les approches pour capter le chaland.

Le commerce parisien résiste et se réinvente

A Paris, le luxe tire le commerce vers le haut

Le charme de Paris, ses monuments et ses musées, ses boutiques désormais ouvertes le dimanche dans les zones touristiques internationales, ses magasins de luxe dans des artères bien identifiées, ses grands hôtels et ses palaces attirent les étrangers. Pour les grands magasins et les boutiques de luxe, le tourisme mondial est primordial. Selon Knight Frank, près de 50 boutiques de luxe ont été ouvertes en 2018 contre 26 en 2017. Quelques projets d’envergure ont été inaugurés : Boucheron a rénové son écrin place Vendôme, Chanel a ouvert un navire amiral près de son adresse historique de la rue Cambon. En 2019 vont ouvrir, rue Saint-Honoré, Balmain, Buccellati, le joaillier Graff et une boutique Yves Saint-Laurent à l’emplacement de concept-store Colette.

Chiffre clé

La rue Saint-Honoré affiche 30 % des ouvertures de boutique de luxe réalisées ou projetées sur la période 2018-2019 dans la capitale contre 20 % entre 2012 et 2017.

Les commerces des Champs Elysées montent en gamme

Plus de 100 millions de visiteurs ont déambulé sur les Champs Elysées l’an dernier dont 30 millions de touristes. Etre présent sur la « plus belle avenue du monde », côté pair ou côté impair, est capital pour une marque et les enseignes de luxe ne s’y trompent pas. Le groupe LVMH a renforcé ses positions avec l’arrivée de Bulgari au numéro 136 et l’ouverture d’un flagship Dior au numéro 127. Les produits High Tech sont à l’honneur avec l’ouverture de l’Apple Store en novembre dernier qui est l’un des flagships les plus spectaculaires au monde sur 2 500 m². Toutefois, l’avenue ne mise pas uniquement sur le luxe mais recherche un positionnement mixte et une diversité d’enseignes pour séduire tous les visiteurs. Ainsi Nike et Adidas ouvrent respectivement des flagships de 5 000 m².

Bon à savoir

Selon le Comité Champs Elysées qui veille à la préservation de la mixité commerciale et culturelle, près de 50 000 m² devraient être restructués d'ici 2021.

Un commerce omnicanal avec magasins physiques et circuit digital

Malgré le développement de l’e-commerce et le changement des modes d’achat, rien ne vaut le contact avec le consommateur. Les enseignes l’ont bien compris. Des marques nées sur le web, comme Tediber qui vient d’ouvrir son premier flagship dans le Marais, tandis que Miliboo va prochainement s’installer boulevard de la Madeleine. Des marques plus classiques ont également intégré cette dimension, multipliant les boutiques en propre comme autant de points de contact avec la clientèle. Ainsi, Rossignol et Salomon ont ouvert leur première boutique parisienne en 2018. Lieux de conseil et d’expérimentation, ces magasins offrent aussi aux marques l’opportunité de parfaire la connaissance de leur clientèle qu’elles peuvent fidéliser par une offre de produits et de services taillés sur mesure. A l’inverse, de très belles marques, qui avaient uniquement pignon sur rue, s’intéressent au digital, visant une clientèle plus large et internationale.

Bon à savoir

Des activités, parfois décorrélées de l’acte d’achat, jouent un rôle dans le développement de nouveaux projets, de la salle de sport à l’hôtellerie, en passant par des espaces de coworking. De nouvelles initiatives qui remédient aussi à l’essoufflement des formats traditionnels de distribution.

Stabilité des valeurs locatives des commerces parisiens

Globalement, les commerces affichent des loyers stables depuis deux ans. Sur les emplacements des artères « prime », les valeurs oscillent entre 5 000 et 20 000 €/m²/an. La rue Saint-Honoré se distingue toutefois par une légère augmentation depuis deux ans pour atteindre aujourd’hui les 13 000 €/m², talonnant ainsi l’avenue Montaigne.

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Le succès de la rue Saint-Honoré se répercute sur ses valeurs locatives.  ©DR