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A Paris, le marché des bureaux attire utilisateurs et investisseurs

A Paris, le marché des bureaux attire utilisateurs et investisseurs

La capitale dépasse le million de m² placés en 2018 et quelques investisseurs signent des opérations de plus de 400 millions d’euros. Le manque des produits de qualité et la hausse des loyers pourraient profiter à la proche périphérie.

Le marché parisien dopé par le luxe, la finance et le coworking

Le volume placé à Paris dépasse le million de m² pour la troisième année consécutive. L’étude réalisée par Knight Frank montre que le fameux QCA et le Paris Centre Ouest ont vu leurs demandess augmenter de 11 % sur les surfaces intermédiaires et supérieures à 5 000 m². A titre d’exemples, Murex a loué 16 600 m² dans « Freedom » (17e), Lazard 10 900 m² dans le « 173 Haussmann » (8e). Le Nord Est tire son épingle du jeu mais le Sud s’essouffle, sachant que Natixis avait pris 90 000 m² dans « Duo » (13e) en 2017.  Ce sont les entreprises axées sur le conseil, le luxe, la finance mais aussi les New Tech et le coworking qui convoitent les meilleurs emplacements et les meilleurs sites, soucieuses de retenir ou d’attirer les talents.

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Les utilisateurs du QCA cherchent à capter les meilleurs talents. © Knight Frank

Un taux de vacance de bureaux à Paris au plus bas

L'intense activité transactionnelle dans la capitale maintient le taux de vacance à un niveau plancher. Selon Cushman & Wakefield, ce taux de vacance, dans Paris intramuros se situe à 2,3 % alors que la moyenne de l'Île-de-France est de 5,3 %. Selon les marchés parisiens, peu d'amplitude: 1,3 % dans le QCA, 2,8 % dans le Sud. Ce taux ne devrait pas varier à court terme compte tenu des volumes anticipés de livraison en 2019 (316 000 m²) et de leur disponibilité estimée à moins de 90 000 m² répartis sur des petites dizaines d'opérations.

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Un taux de vacance historiquement bas dans Paris. © Immostat Cushman&Wakefield

Vers les 900 €/m²/an : des loyers de bureaux « prime » sous pression

Le dynamisme du marché parisien, le manque des produits de grande qualité et le taux de vacance exceptionnellement bas (moins de 2 %) engendrent une pression sur les loyers « prime ». Dans le QCA, le loyer « prime » est passé à 840 €/m²/an (+4 %) et dans les immeubles restructurés, les loyers pourraient atteindre, selon Evolis, les 900 €/m². Hors QCA, les valeurs locatives « prime » évoluent entre 550 et 580 € /m²/an et pourraient grimper à 600 €/m²/an cette année.

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Dans le QCA, les loyers « prime » ont augmenté de 4 %. © Knight Frank

La hausse des valeurs locatives et la pénurie durable de l’offre pourraient accélérer les reports des entreprises parisiennes au profit des bureaux en périphérie, et des actifs de qualité bien reliés aux transports en particulier ».

Philippe Perello, Associé gérant de Knight Frank France

9 Mds € : un record de l’investissement en bureaux dans Paris

L’investissement en immobilier de bureaux dans Paris a été spectaculaire en 2018 à l’image du marché de l’investissement en bureaux France entière. En effet, plus de 21 Mds € ont été placés dans des bureaux et 87 % de ces 21 Mds l’ont été en Île-de-France. Mais c’est dans la capitale que l’évolution a été la plus spectaculaire avec 9 Mds €. Six ventes ont été supérieures à 400 M € dont « Capital 8 », rue de Richelieu ( 2e), futur siège d’Altarea-Cogedim acquis par CNP Assurances ou l’immeuble « Néo », bd Haussmann (9e), siège du Figaro, acquis par Covea Immobilier. Près de 80 transactions ont dépassé, chacune, les 100 M € contre 67 en 2017. Les investisseurs sont des compagnies d’assurances françaises, des fonds chinois et allemands qui n’hésitent pas à payer plus de 6 000 €/m² et percevoir un rendement de 3 %.

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Le taux "prime" en bureaux se stabilise à 3 %. © Knight Frank