La vague du coworking déferle sur l’Hexagone

Encore balbutiant voici cinq ans en France, le coworking s’ancre sur le territoire. Il répond à une demande d’auto-entrepreneurs mais aussi à la flexibilité des entreprises, au travail en mode collaboratif des salariés pour une meilleure productivité et de bien être des collaborateurs.

De la TPE aux grosses entreprises, le coworking fait un carton

Auto-entrepreneurs, Très Petite Entreprise (TPE), Petite et Moyenne Entreprises (PME) étaient la première cible des espaces de coworking avec pour objectif de tisser des liens entre divers auto-entrepreneurs pour favoriser l’esprit d’innovation et d’entreprenariat, tisser des relations entre partenaires, fournisseurs et clients potentiels en se rencontrant dans un lieu neutre hors de l’entreprise, partager des idées et des savoirs, se développer sans que cela représente un coût exorbitant. Ces demandes, déjà effectives voici cinq ans, se sont enrichies ces deux dernières années, d’une recherche des grosses entreprises, du CAC 40 ou non, avec un besoin de travailler en mode projet pour des missions, hors de l’entreprise, pour développer l’esprit d’innovation et de partage tout en restant agiles et flexibles afin d’être réactives au moindre changement du marché.

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Les auto-entrepreneurs, TPE, PME peuvent échanger dans des espaces de coworking./ Morning Coworking

Bon à savoir

Parmi les acteurs du coworking, les « pure players » comme WeWork et Kwerk dont le cœur de métier est le coworking, les foncières, (Wellio de Covivia, Secondesk de Gecina, Smartdesk d’Icade, les filiales de grands groupes immobiliers (Wojo alliant Bouygues Immobilier et Accord Hotels), les spécialistes des centres d’affaires (Régus avec Spaces, Multiburo avec le Spot)…

Bureaux partagés : Paris en tête, mais une demande sur tout le territoire

Certes, Paris et La Défense, premier centre d’affaires européen, est en pôle position pour le marché des bureaux et, par ricochet, pour celui de coworking. Selon la toute dernière étude Knight Frank, « l’expansion du coworking limite la baisse de la demande placée sur un an ». Ainsi, dans Paris Centre Ouest (PCO), 36 000 m² ont déjà été loués au premier trimestre 2019, s’ajoutant aux 76 000 m² loués, dans ce même secteur en 2018. A titre d’exemples, WeWork a loué 7 500 m², au 5/7 rue des Italiens ( 9 è) et Kwerk, 6 400 m² rue de Courcelles ( 8 è). A La Défense, c’est en tout début d’année que Spaces a ouvert 18 000 m², en très grande partie louée. Le mouvement gagne la province et notamment les métropoles régionales. Spaces est présent sur plusieurs sites des cinq grandes métropoles et compte bien élargir son offre. D’autres acteurs comme Wellio (filiale de Covivio), sont présents sur Bordeaux et Marseille,  Wojo (ex Nexdoor), dans le quartier Part-Dieu et dans le Grand Hôtel Dieu de Lyon, Mamaworks  sur Bordeaux, Lille, Lyon… mais dans les villes moyennes où le marché de l’immobilier d’entreprise tourne au ralenti, les spécialistes du coworking se font attendre. Les pouvoirs publics l’ont bien compris et ont lancé la Mission Coworking pour développer ces tiers lieux dans les villes moyennes et les communes rurales. A cet effet, un plan de 110 M € a été débloqué en 2018 pour mettre en place « 300 Fabriques de territoires » d’ici 2022.

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La région parisienne reste leader du coworking. © Knight Frank

Les acteurs rivalisent d’imagination pour attirer les coworkers

Dans un marché en plein développement, les acteurs cherchent à attirer les coworkers et misent sur leur bien-être en proposant diverses ambiances. Côté travail, les espaces modulables sont peaufinés avec architectes, designers, acousticiens, coloristes… pour élaborer des bureaux fermés et ouverts, des salles de réunion, des espaces privatifs, des espaces collaboratifs pour se réunir de façon informelle, des tables de travail collectives pour brainstormer, échanger, le tout avec le but de proposer des bureaux attractifs susceptibles de doper la productivité. Côté détente, les espaces  lounges vont de la terrasse à la salle de jeux ou de repos, de la grande cafétéria à la salle évènementielle, du hamac à la salle d’allaitement. Dans tous les cas, les espaces de détente sont conçus pour favoriser les rencontres et les échanges entre collaborateurs d’une même société ou entre divers corps de métier.

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L'emplacement, la vue, le confort... autant d'éléments pour attirer les talents. © Morning Coworking

La grande amplitude des loyers des espaces de coworking

Entre un espace sur les Champs Elysées et un autre dans le 19e arrondissement de Paris, entre la capitale et Lyon ou Marseille, la valeur locative de l’espace n’est pas le même. C’est la loi du marché, exactement comme en matière de loyer commercial classique avec toutefois une durée de location qui échappe au droit des baux commerciaux. La nature du bureau, ouvert ou fermé, la grandeur de la salle de réunion, le nombre et la qualité des prestations, etc. ont également une influence sur les tarifs. A titre indicatif, un bureau privatif peut se louer entre 450 et 1 000 €/mois à Paris contre 250 à 550 €/mois dans les métropoles régionales. Certains gros acteurs comme Spaces proposent, moyennant un ticket d’entrée de 89 €, d’adhérer à un club, laissant accès à tous les sites du groupe en s’acquittant néanmoins des loyers selon la durée d’occupation et les prestations fournies.

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Des tarifs à la carte pour plus de flexibilité et d'agilité. © Colliers