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Commerce : un marché parisien en mutation

Commerce : un marché parisien en mutation

Le monde du commerce se transforme. Les habitudes de consommation aussi avec le commerce digital mais également avec le retour en grâce du commerce physique.

Commerce : un marché parisien en mutation

Commerces : un environnement économique mitigé à Paris

Le moral des ménages est en hausse selon l’Insee grâce à l'amélioration du pouvoir d’achat et à l’essoufflement du mouvement des « gilets jaunes ». Cependant, ce mouvement pourrait laisser des traces de tensions sociales et un rebond des défaillances d’entreprises. Selon une étude Knight Frank, le petit commerce n’est pas le seul fragilisé. Plusieurs grandes enseignes éprouvent des difficultés liées le plus souvent à des causes structurelles et plus diverses que les seuls troubles sociaux. Parmi les exemples récents, liquidation judiciaire de Sonia Rykiel et de New Look, fermetures programmées de Castorama, Conforama, Tati… Mais si les ventes dans le secteur de l’habillement recule, celles des magasins des loisirs, du sport ou de la restauration prospèrent.

Vers un meilleur équilibre des commerces physiques et de l'e-commerce

L’e-commerce a réalisé une véritable percée et a fait connaître et prospérer diverses marques. Mais la gestion des retours, le référencement, la publicité… rognent sur le profit des enseignes et des marques et questionnent sur la pérennité de modèles de commerce basés uniquement sur les ventes en ligne. Selon l’étude, le bien-fondé d’un développement équilibré, jouant à la fois sur les atouts du commerce physique et ceux du digital, s’appuie sur des retours d’expérience positifs. Par exemple, celui des petits formats développés par beaucoup d’acteurs traditionnels pour favoriser le click & collect ou celui de l’expansion des Digital Native Vertical Brands (DNVB). La notoriété de ces marques nées sur le web ne cesse de croître et l’ouverture de magasins se multiplie. Ainsi, l’enseigne de lunette Jimmy Fairly et la marque de prêt à porter Balibaris ont récemment ouvert rue de Passy à Paris, Lunettes pour Tous, rue de Rennes…

Antoine Grignon, directeur du département Commerces chez Knight Frank

« L’expansion des DNBV vient en complément d’une présence originelle sur le web et sert à parfaire la notoriété de la marque. Le réseau des boutiques devrait s’amplifier en raison de l’intérêt des investisseurs et d’une popularité croissante auprès des consommateurs ».

Le luxe, locomotive commerciale de la capitale

Les images des Champs Elysées saccagés et des abords des grands magasins transformés en Fort Knox, lors du mouvement des gilets jaunes, ont fait le tour du monde. Elles ont aussi contribué à faire fuir les étrangers prévoyant de venir passer les fêtes de Noël 2018 ou le premier trimestre 2019, à Paris. Or, la fréquentation touristique internationale contribue fortement à la bonne santé du commerce de luxe dans la capitale. Malgré cela, le commerce du luxe a relativement bien résisté et une quarantaine d’ouvertures de boutiques sont prévues sur toute l’année 2019. La place Vendôme, la rue de la Paix et la rue Saint-Honoré concentre 55 % de ces ouvertures axées sur l’horlogerie-joaillerie avec Van Cleef & Arpels, Cartier, Graff... De nouvelles marques et enseignes étrangères s’implantent : l’enseigne de gastronomie italienne Eataly dans le Marais sur 2 400 m², la marque de mode Icicle s’installant au 35 avenue George V… Enfin, l’achèvement de la Nouvelle Samaritaine avec l’hôtel Cheval Blanc et des grandes enseignes de marque devraient redorer le blason de la rue de Rivoli. Côté rive gauche, l’arrivée d’Arije, spécialiste de l’horlogerie et de la joaillerie de luxe au 41 rue de Rennes ou celle, temporaire, de Chaumet au 165 bd Saint-Germain va également redynamiser ce secteur de Saint-Germain-des-Prés.

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L'horlogerie dope le luxe. © Knight Frank