Le commerce de détails résiste et s’adapte face au e-commerce

Le commerce de détails résiste et s’adapte face au e-commerce
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Le commerce de détail se porte globalement bien en France et s’inscrit dans la complémentarité du commerce on line. Les valeurs locatives se stabilisent voire progressent dans les emplacements prime.

Les indicateurs économiques pour 2017 sont bons, allant dans le sens d’une progression. Dès lors, la consommation des ménages devrait se maintenir à un niveau honorable et l’investissement des entreprises retrouve du tonus.

Bonne tenue du commerce de détail malgré quelques fragilités

En 2017, selon BNP Paribas Real Estate, le chiffre du commerce de détail est orienté à la hausse. Avec 500 Mds € prévus pour 2017, La France se situe toujours dans le trio de tête des pays européens avec l’Allemagne (512 Mds €) et le Royaume-Uni (456 Mds €). Mais si les secteurs des cosmétiques et de la restauration, sachant proposer de nouveaux concepts, enregistrent une belle évolution, d’autres comme le textile souffrent, devant faire face à des politiques fortes de conquête. Par ailleurs, sur tous les segments de marché, si le luxe et le mass market fonctionnent très bien, le moyen de gamme fléchit.

 L’attrait pour le commerce ne se dément pas en raison de son risque maîtrisé et des stratégies de diversification des investisseurs à la recherche de produits disponibles ».

Bruno Ancelin, directeur du département Investissement Commerce BNPRE

Les opérations de restructuration des centres-villes séduisent les enseignes

Les grandes métropoles se réapproprient leur centre-ville. Mais pour que cela fonctionne réellement, elles doivent réunir trois critères :

  1. Faire partie des métropoles régionales.
  2. Avoir un attrait historique et touristique.
  3. Posséder un centre-ville structurant où le commerce a toujours été fort.

Par ailleurs, les enseignes sont très demandeuses de surfaces dans les grandes métropoles mais dans des immeubles de qualité, sensibles à la circulation de l’espace, à son impact, à l’aménagement qu’elles peuvent créer…

Des loyers de 400 € à Dijon à 22 000 € sur les Champs-Elysées

Comme tout marché, celui du commerce souffre de profondes disparités entre les villes moyennes comme Dijon, Limoges, Poitiers, Caen… où les valeurs locatives stagnent voire baissent et les grandes métropoles régionales où s’invitent  les enseignes internationales notamment sur les emplacements « prime » pour assurer la visibilité de leurs marques. L’écart est immense entre Dijon à 400 €/m²/an et Lyon à 2 900 €/m²/an. Et il reste  aussi très important entre Cannes à 7 000 €/m²/an et les Champs Elysées à 22 000 € sur les meilleurs emplacements. Le Brexit pourrait renforcer la position de Paris par rapport à Londres.

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Valeurs locatives « prime »/m²/an/HT/HC. © BNP Paribas Real Estate Research

Le « phygital », une stratégie de distribution globale

Contraction de physique et digital, le « phygital » annonce la mutation profonde des modes de distribution. Mais alors que  le développement de l’e-commerce aurait pu faire craindre la disparition des magasins physiques, il n’en est rien. Les distributions physiques et on line ont muté, sont devenues complémentaires et s’inscrivent dorénavant dans une stratégie globale de distribution. Côté e-commerce, de nombreuses enseignes développent le « click & collect », offrent de nouveaux services… Les achats sur smart phone, le «m-commerce » explosent et représentent un levier important pour l’e-commerce.

1 Md€ d’investissements répartis entre les régions et l’Île-de-France  

L’investissement atteint 1 Md€ pour les cinq premiers moins de l’année en retrait par rapport à 2016 en raison du manque d’opportunité et de l’attentisme lié aux élections présidentielles. Ce montant représente 19 % de l’investissement en immobilier d’entreprises global en France. La répartition entre les régions et l’Île-de-France est équilibrée. De même, les centres commerciaux, les pieds d’immeubles et les commerces des périphéries ont connu une répartition équilibrée des volumes investis.

Bon à savoir

Comme sur les autres typologies d’actifs, le taux de rendement se comprime. Il est désormais sous la barre des 3 % pour les produits exceptionnels à Paris et à 4 % pour les grandes métropoles régionales, et en dessous de 5% dans les retail park et centres commerciaux.