La désertification commerciale des centres-villes s’accentue

La désertification commerciale des centres-villes s’accentue

Les façades des commerces vides, dans les centres-villes, sont devenues monnaie courante entrainant un phénomène de désertification commerciale notamment dans les villes de taille moyenne.

Un taux de vacance commerciale qui dépasse les 10 % en 2015

Un rapport remis par l’Inspection générale des finances et par le Conseil général de l’environnement et du développement durable fait état d’une situation alarmante concernant  la dynamique commerciale des villes françaises « Le taux moyen de vacance commerciale dans les centres des villes moyennes en France dépasse les 10 % en 2015 », un chiffre en augmentation sur les dix dernières années. Le document constate que « la dévitalisation commerciale de nombreux centres-villes en France se confirme ». Ainsi, le rapport relate que sur près de 190 centres-villes, le taux de vacance moyen, qui relève la part de locaux commerciaux qui ne trouvent pas preneur à la location, est passé de 6,1 % en 2001 à 10,4 % en 2015

Bon à savoir

Les experts considèrent qu’en-dessous de 5 % de taux de vacance commerciale, la situation est conjoncturelle et qu’au-delà de 10 %, cela témoigne « d’un déclin structurel de la commercialité du centre-ville. »

Les villes de moins de 100 000 habitants sont les plus touchées

Le rapport relève également que les villes les plus touchées par ce phénomène de baisse des commerces dans les centres-villes sont les communes de taille moyenne, de moins de 100 000 habitants. Ainsi, en 2015, plus de la moitié des centres-villes des communes de taille moyenne, présentaient un taux moyen de commerces vides supérieur à 10 %, alors que ce phénomène ne concerne que 27 % des grandes villes. Le document donne ainsi l’exemple de Béziers, qui présente un taux de vacance commerciale de 24,4 % en 2015, alors que ce taux s’élevait à 9,7 % en 2001. Le document constate alors qu’il s’agit d’un « phénomène qui s’installe structurellement à l’échelle d’un centre-ville. »

1 M€ pour favoriser le développement urbain dans les centres-villes

Face à ce déclin, la secrétaire d’Etat au commerce, Martine Pinville, a annoncé que le gouvernement comptait débloquer une enveloppe d’1 M€ qui permettra de « financer dès que possible les stratégies de développement urbain, les nouveaux partenariats entre les acteurs publics et privés et le développement du management du centre-ville ». Le gouvernement estime que cette mesure permettra de lutter contre cette désertification commerciale d’une grande partie des villes de moins de 100 000 habitants. Cette somme qui sera débloquée proviendra du FISAC (Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce), et la secrétaire d’Etat a déclaré que « c’est aux décideurs locaux d’aider chacun à trouver sa place ». Elle préconise ainsi une meilleure concertation entre structures publiques, élus et organisations de commerçants.

Bon à savoir

Avec un taux de vacance commerciale de 24,4 %, la ville de Béziers présente le taux le plus élevé parmi les villes moyennes en France.

Un déclin qui s’explique par une fragilité économique

Le rapport explique notamment que la désertification commerciale s’accompagne d’une fragilité économique, à l’image de la diminution de la consommation des ménages, ou encore du nombre de créations d’entreprises dans le secteur du commerce de détail. De même, il s’avère que les villes de taille moyenne présentent d’autres facteurs communs qui expliquent ce phénomène (taux de chômage, logements vacants et pauvreté plus élevés). Ainsi, on observe que les communes qui souffrent le plus de la désertification commerciale souffrent également de différents problèmes : mauvaise accessibilité des consommateurs dans le centre-ville, augmentation des loyers commerciaux et des frais de mutation lors du changement de propriétaire ou encore concurrence par le commerce en ligne.

Bon à savoir

La dévitalisation des centres-villes s’accompagne également d’un développement important des centres commerciaux implantés en périphérie des villes qui affaiblissent le développement commercial des centres-villes.