La vacance commerciale s’accroît dans les centres des petites et moyennes villes

La vacance commerciale s’accroît dans les centres des petites et moyennes villes
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Les centres-villes des agglomérations de 25 000 à 500 000 habitants souffrent de vacance commerciale pouvant parfois dépasser 15 % alors que la moyenne nationale s'établie à 9,5 %. 

Un taux moyen de vacance commerciale qui s’accentue

Procos, fédération pour l’urbanisme et le développement du commerce spécialisé, sur la base  de données relevées par Codata, collecteur de données d’immobilier commercial, a analysé la vacance commerciale dans 200 agglomérations de plus de 25 000 habitants en 2015. Volontairement, aucune ville de la région parisienne ne figure dans ce panel. L’évolution du taux moyen de vacance commerciale dans les centres villes français ne cesse de s’accroître :

  • 9,5 % en 2015
  • 8,5 % en 2014
  • 7,8 % en 2013
  • 7,2 % en 2012

Bon à savoir

Plus que l’évolution de la moyenne, ce sont les écarts à la moyenne qui révèlent l’intensité du phénomène. En 2001, 87 centres-villes avaient un taux de vacance inférieur à 5 % pour seulement 14 aujourd’hui. 23 centres-villes affichaient un taux supérieur à 10 % pour une centaine en 2015.

Moins il y a d'habitants, plus il y a des vacances commerciales dans les villes

La vacance commerciale ne touche pas tous les centres-villes. Des situations contrastées se dessinent, notamment selon le poids de la population :

  • 11,1 % pour les villes de moins de 50 000 habitants (+ 1,8 % vs 2014).
  • 11,3 % pour les villes de 50 000 à 100 000 habitants (+1 % vs 2014).
  • 9,2 % pour les villes de 100 000 à 250 000 habitants (+ 0,5 % vs 2014).
  • 6 % pour les villes de plus de 500 000 habitants (stabilité).

Bon à savoir

La vacance commerciale s’entend ici par l’état d’un local commercial inexploité pour une durée indéterminée et non comme une vacance financière avec des parts de loyers non perçus comme il est d’usage chez les conseils en immobilier d’entreprise.

Les villes qui perdent et celles qui gagnent...

Outre le nombre d’habitants, l’état de richesse de la ville est facteur de bonne tenue des commerces. Cette richesse provient soit des secteurs industriels, agricoles ou touristiques pour les villes comme Beaune, Biarritz, Lyon, Nantes, Saint-Malo, Toulouse… A l’inverse, l’affaiblissement de la demande de consommation locale associé à une offre commerciale de périphérie pèsent sur les magasins de l’hypercentre comme c’est le cas à Avignon, Béziers, Calais, Cholet, Nevers, Roubaix…

Bon à savoir

En moins d’un siècle, la France a perdu près de la moitié de ses boutiques pour n’en compter aujourd’hui que 850 000 alors que dans cette même période, la population a crû de 50 %. Le détricotage du tissu commercial traditionnel a commencé dans les années 60 avec l’arrivée des hypermarchés, des franchises... Depuis les années 2 000, le parc des surfaces commerciales progresse de 3 % par an alors que la consommation n’augmente que de 1,5 % par an.